Le 16 décembre 2025, la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) a tenu une réunion de sensibilisation au chef-lieu de la province de Buhumuza. Cette rencontre, centrée sur la spoliation des terres et autres biens durant les crises cycliques qu’a connues le Burundi, a rassemblé les piliers de l’administration et de la société pour une quête commune de vérité.
Le Chef de cabinet du gouverneur de Buhumuza a ouvert les échanges en rappelant le transfert des compétences de l’ancienne Commision Nationale des Terres et autres Biens (CNTB) vers la Commission Vérité et Réconciliation . Pour rapprocher la justice des sinistrés, des équipes ont été déployées dans les cinq nouvelles provinces. Son message a été clair : l’administration, la justice et les forces de l’ordre et de sécurité doivent s’investir pleinement pour que la mission de la commission soit une réussite totale au niveau local.
Amb. Pierre Claver Ndayicariye : « La vérité est le seul remède au fardeau du passé »
Le président de la CVR a martelé que Buhumuza n’est pas une exception, mais une étape clé d’une tournée nationale. Selon lui, l’objectif est de libérer les consciences. « C’est la vérité qui libérera le fardeau que le peuple porte depuis des années », a-t-il déclaré, réitérant que la Commission Vérité et Réconciliation privilégie les enquêtes basées sur les faits réels pour rendre justice aux victimes.

Ambassadeur Pierre Claver NDAYICARIYE : « C’est la vérité qui libérera le fardeau que le peuple porte depuis des années »
Alerte aux fraudeurs : La fin de l’impunité pour les faux témoins
Ambassadeur Ndayicariye a lancé une mise en garde sévère contre ceux qui tenteraient de tromper la Commission. La loi punit, désormais, rigoureusement tout usage de documents frauduleux. Il a exhorté les détenteurs de biens acquis illégalement à les restituer volontairement, rappelant que la Commission Vérité et Réconciliation détient le pouvoir de faire annuler, après les enquêtes rigoureuses, tout titre de propriété spolié auprès de l’État après consultation du Parlement réuni en congrès.
Justice Transitionnelle : des décisions fermes et sans recours
Le Secrétaire de la Commission Vérité et Réconciliation , Madame Léa Pascasie Nzigamasabo, a apporté des précisions juridiques essentielles : la loi spéciale régissant la Commission déroge au droit commun. Pour mettre fin aux manœuvres dilatoires qui ont paralysé les dossiers sous l’ère de la Commission Nationale des Terres et autres Biens , les décisions de la Commission Vérité et Réconciliation ne feront l’objet d’aucun recours juridictionnel. Une mesure forte pour garantir l’efficacité et la rapidité du processus de réparation.

Dialogue et moyens : le plaidoyer pour une action coordonnée
Si les participants ont salué le travail accompli, ils ont également souligné le besoin d’une meilleure coordination entre la Commission Vérité et Réconciliation et les juridictions classiques pour éviter les conflits de compétence.

Une partie des participants à la réunion
En conclusion, face à l’ampleur de la tâche, le Président de la Commission Vérité et Réconciliation a lancé un appel vibrant au Gouvernement pour un appui financier accru, afin que le manque de moyens ne devienne pas le frein d’une réconciliation tant attendue par le peuple burundais.

