À Muriza/Butaganzwa:  le MIPAREC a ravivé la flamme de la réconciliation

À Muriza/Butaganzwa: le MIPAREC a ravivé la flamme de la réconciliation

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C’est dans une ambiance à la fois spirituelle et culturelle que la population de Muriza s’est rassemblée pour réfléchir à la paix et à la réconciliation.


Sous les chants traditionnels et la prière d’ouverture, les participants ont rendu hommage au travail accompli par le MIPAREC dans la commune de Butaganzwa. Le Commissaire Pasteur Élie Nahimana, représentant la Commission Vérité et Réconciliation , a salué les efforts constants des comités de paix dans la reconstruction du lien social. Dans cette région longtemps marquée par les blessures de la guerre de 1993, les fruits de la réconciliation commencent à se faire sentir à travers des gestes concrets et des histoires de pardon.

Des témoignages qui bouleversent et inspirent

Les mots, les larmes et les étreintes ont traduit la profondeur d’une réconciliation vécue et non plus seulement proclamée.

Un moment historique de la crise de 1993 : la réconciliation déchirante entre un homme et la veuve de celui qu’il a tué. Le pardon public, offert et accepté.

Un témoignage a particulièrement marqué les esprits : celui d’un homme ayant tué le mari d’une veuve durant la crise de 1993. Devant la communauté rassemblée, il a reconnu publiquement son acte; a demandé pardon et a reçu le pardon de la veuve, dans une étreinte pleine d’émotion. Cette scène symbolique a rappelé que le pardon reste possible, même après des décennies de souffrance. Deux autres témoignages du même ordre ont suivi, confirmant que, malgré les blessures du passé, les habitants de Butanganzwa, soutenus par le MIPAREC, s’engagent résolument sur la voie de la paix. Plusieurs participants ont affirmé que ces gestes courageux constituent la preuve que la réconciliation nationale n’est pas une illusion, mais un chemin bien réel.

Une collaboration exemplaire entre le MIPAREC et la Commission Vérité et Réconciliation

Derrière l’émotion, un partenariat solide se consolide entre deux institutions engagées dans la même mission : construire la paix par la vérité et la réconciliation. Le directeur du MIPAREC, Jean Pierre Niyonzima, a salué la collaboration fructueuse entre son ministère et la Commission Vérité et Réconciliation depuis 2022. Il a souligné que cette coopération a permis de hisser le MIPAREC au rang d’acteur reconnu par les autorités publiques, dépassant ainsi le cadre des seules initiatives communautaires.

Ce responsable a également présenté les projets de réconciliation et de cohésion sociale actuellement en cours dans six anciennes provinces et leurs communes :

  • Province de Ruyigi : Butezi, Ruyigi et Butaganzwa ;
  • Province de Gitega : Itaba, Gitega et Mutaho ;
  • Province de Muramvya : Rutegama ;
  • Province de Mwaro : Nyabihanga ;
  • Province de Karusi : Shombo ;
  • Province de Makamba : Kayogoro, Makamba et Nyanza-Lac.

Ces interventions s’inscrivent dans la Vision nationale 2040–2060, qui ambitionne un Burundi émergent en 2040 et développé en 2060. Pour M. Niyonzima, la bonne cohabitation sociale constitue l’un des piliers essentiels de cette vision.

Pour Niyonzima, ce pardon est un pilier de la Vision 2040-2060 : une étreinte qui construit le Burundi de demain.

La CVR relance l’appel à la vérité et au pardon

Pour réconcilier durablement le pays, il faut d’abord nommer les blessures et regarder le passé avec courage. Le Commissaire Pasteur Élie Nahimana a présenté un film documentaire retraçant les activités déjà réalisées par la Commission dans sa quête de vérité sur les crimes du passé.
Le commissaire a également évoqué la nouvelle mission de la Commission Vérité et Réconciliation , centrée sur la problématique des terres et autres biens spoliés lors des différentes crises. Il a invité toute personne concernée à déposer son dossier auprès des représentations provinciales de la Commission.
Enfin, il a félicité les familles qui ont déjà pris le chemin du pardon, les encourageant à devenir des ambassadeurs de la réconciliation dans leurs communautés, tout en soutenant ceux qui n’ont pas encore trouvé la force de se réconcilier.

Le Commissaire Elie Nahimana encourage les familles réconciliées à devenir des ambassadeurs de paix dans leurs communautés.

Le pardon, pierre angulaire d’un Burundi réconcilié

À l’issue de la rencontre, les autorités locales ont plaidé pour la multiplication des activités de sensibilisation de la Commission Vérité et Réconciliation jusqu’au niveau des collines. Le public, lui aussi, a exprimé le souhait de mieux connaître les vérités du passé afin d’en tirer les leçons. Car, au-delà des blessures et du temps, le pardon demeure la clé de la guérison nationale et le socle d’un avenir de paix durable au Burundi.

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