37 ans après les événements tragiques de 1988, la Commission Vérité et Réconciliation a organisé le mois novembre, une rencontre avec les ressortissants des communes de Ntega et Marangara. Une démarche nécessaire pour éclaircir les zones d’ombre d’une crise qui a marqué l’histoire du Burundi et ouvrir la voie à une réconciliation durable.
La Commission Vérité et Réconciliation a tenu une réunion d’échange avec les ressortissants des communes de Ntega et Marangara dans le but de récolter le maximum d’éléments utiles pour les enquêtes, auditions et excavations des fosses communes datant de 1988. Dans son mot d’ouverture, le Président de la CVR, Ambassadeur Pierre Claver Ndayicariye, a exposé une série de questions cruciales sur lesquelles la Commission désire obtenir des éclaircissements afin d’enrichir sa méthodologie d’enquête.
Des témoignages poignants qui révèlent une souffrance toujours vive
Les participants, ressortissants de ces localités victimes des barbaries, ont exprimé la souffrance qu’ils continuent de porter malgré les 37 années écoulées. Les témoignages poignants sur les événements douloureux qui ont plongé la région dans les ténèbres ont révélé dans l’ensemble une soif profonde de connaître la vérité et d’entrer dans une nouvelle ère « de plus jamais ça ».

Une partie des participants à la réunion consacrée à la crise de Marangara.
« Les ethnies ne tuent pas, ce sont les hommes qui tuent »
Le Président de la CVR a invité les participants à méditer sur l’importance de connaître la vérité, celle selon laquelle un Muhutu souffre quand un Mututsi souffre et vice versa. Il a appelé à développer la faculté empathique au détriment de la haine ethnique ou de la globalisation. « Les ethnies ne tuent pas. Ce sont les hommes qui tuent », a-t-il martelé, rappelant que la mission de la CVR repose sur la vérité et la réconciliation avec un accent particulier sur l’impératif de la vérité pour aboutir à la réconciliation durable.

