Le rôle des victimes dans le processus de réconciliation nationale : la Commission Vérité et Réconciliation donne la voix à des cœurs meurtris

Le rôle des victimes dans le processus de réconciliation nationale : la Commission Vérité et Réconciliation donne la voix à des cœurs meurtris

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Cette rencontre a été marquée par une attention particulière avec la participation de plusieurs hautes autorités notamment le 2ᵉ Vice-président de l’Assemblée nationale, Hon. Boussessia Nkezimana, des représentants de la Présidence, de la Primature, du corps de défense et de sécurité, des ministères sectoriels, ainsi que des représentants de l’administration provinciale et communale. Mais surtout, étaient présents ceux dont la voix est au cœur de cette démarche : les orphelins, les veuves et les rescapés des crises.

La réconciliation ne peut se faire sans les victimes

Dans son allocution, le Président de la Commission Vérité et Réconciliation , l’Ambassadeur Pierre Claver Ndayicariye, a rappelé une vérité fondamentale : la réconciliation nationale ne peut être durable sans la reconnaissance et l’implication active des victimes.

Il a replacé cette réflexion dans le contexte historique du Burundi, marqué par les violences cycliques de 1965, 1969, 1971, 1972, 1988, 1993, ainsi que celles qui ont suivi l’assassinat du Président S.E. Melchior Ndadaye. Aujourd’hui, dans un contexte de paix retrouvée, il est temps, selon lui, d’oser poser les questions essentielles :


• Comment conduire véritablement la démarche de réconciliation ?
• Les victimes et les présumés auteurs peuvent ils se remettre ensemble ?
• Existe-t-il des expériences personnelles qui peuvent inspirer l’ensemble de la société ?
Ces interrogations ont servi de fil conducteur aux échanges.

Ouverture de la rencontre par le Président de la Commission Vérité et Réconciliation, Amb. Pierre Claver NDAYICARIYE

Les victimes au cœur du processus de réconciliation

Le Commissaire Elie Nahimana, dans sa présentation, a insisté sur le fait que la réconciliation au Burundi ne peut être solide que si elle place les victimes au centre du processus. Leur parole, leur vécu, leurs blessures, mais aussi leur capacité à pardonner, constituent des piliers indispensables pour reconstruire le tissu social. Il ne s’agit pas seulement de reconnaître les faits du passé, mais de soigner les blessures intérieures qui persistent encore dans les communautés.

Des témoignages poignants, porteurs d’espoir

Les moments les plus marquants de cette rencontre ont été les témoignages des victimes elles-mêmes.
Certains participants ont déclaré avoir déjà pardonné ceux qui les ont rendus veuves ou orphelins. Ces paroles chargées d’émotion ont montré que malgré la douleur, le pardon reste possible.
Cependant, une difficulté majeure a été soulevée : certains présumés auteurs n’osent pas encore demander pardon, laissant les victimes dans une attente douloureuse. Cette situation freine le processus de guérison des cœurs et complique la cohabitation pacifique et harmonieuse

Des victimes des crises au Burundi témoignent et expriment le pardon envers leurs bourreaux

La présence de la Commission sur toutes les collines, une nécessité

Parmi les recommandations formulées, une demande forte est ressortie : que la Commission Vérité et Réconciliation se déploie sur toutes les collines afin d’accompagner de manière plus rapprochée le processus de guérison communautaire. Les participants ont souligné que la réconciliation se vit dans les familles, sur les collines, et dans la communauté là où les blessures des victimes se font panser.

Un appel à la solidarité nationale

Dans son mot de clôture, l’Ambassadeur Ndayicariye a lancé un message fort :
« Vivre et survivre ensemble, car personne ne peut vivre et survivre seul. »
Ces mots résument l’esprit de la rencontre : reconnaître le passé, écouter les victimes, encourager le pardon et créer les conditions pour une coexistence apaisée.

Vers une réconciliation orientée dans l’écoute et la reconnaissance

Cette rencontre de Butanyerera illustre une étape importante dans le processus de réconciliation nationale. Elle montre que la paix durable ne repose pas uniquement sur des textes mais sur la reconnaissance des souffrances vécues et l’implication directe de tous et principalement les victimes et les présumés auteurs.

Les hautes autorités présentes à la rencontre, dont le 2ᵉ Vice-président de l’Assemblée nationale, Hon. Boussessia Nkezimana.

En plaçant les victimes au centre, la Commission Vérité et Réconciliation contribue à bâtir une véritable réconciliation, humaine et profondément enracinée dans la réalité des Burundais.

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