BUBANZA: Plus de 200 personnes exhumées

BUBANZA: Plus de 200 personnes exhumées

Du 31/01/2022 au 11/02/2022, une équipe de Commissaires et Cadres de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) a mené des enquêtes sur la recherche de la vérité sur le génocide de 1972 dans toutes les communes de la province de Bubanza. Ainsi, les auditions menées nous ont montré que la crise de 1972-1973 a causé beaucoup de pertes humaines et matérielles.

Eurydice GAHIMBARE

Les victimes ont été jetées dans des fosses communes, notamment sur la colline Kivoga, à Shari II dans la zone et commune Bubanza. Parmi les victimes, les prêtres de Musigati. Dans la province de BUBANZA, l’équipe d’exhumation a exhumé les ossements de plus de 200 personnes. Pour les autres victimes, leurs corps étaient transportés au quartier Buterere en mairie de Bujumbura.

Le chef de zone Bubanza, SIMBARE Evariste, Kiruru, le gardien de la prison de Bubanza ainsi qu’un certain RUGAMBARARA, commissaire d’arrondissement de Bubanza, sont cités comme auteurs présumés ; comme nous l’ont dit nos témoins. Dans la commune de Mpanda, tous nos témoins ont indiqué que la première victime était l’administrateur communal de l’époque, Monsieur BANYIRWA Eliachim.

A la recherche des fosses communes dans la prison de Bubanza

Depuis, les militaires ont commencé à arrêter et à embarquer des intellectuels bahutu à bord de camions, s’asseyant dessus pour les tuer et les jeter, certains dans des fosses communes à Buramata, et d’autres dans les enclos de la ferme dite « Kw’Iranda ». Pourtant dans la même commune, un Mututsi du nom de NTIBASHIRAHAMWE Raphaël a sauvé la vie d’innocents Bahutu en les protégeant contre la fureur de ces gens sanguinaires.

Dans la commune de Gihanga à cette époque, il y avait trois communautés dont les Burundais, les Rwandais et les Zaïrois. Certains nous ont dit que la crise avait commencé en mars 1972. C’est le même cas d’une veuve qui a affirmé que son mari avait été tué le 10 mars 1972 .

Et les autres ont indiqué que la crise a éclaté en octobre lors de l’attaque menée par les milices « Mulele » et que ces derniers étaient des Bahutu exilés de l’Ex-Zaïre qui étaient revenus se venger des Batutsi. En commune Musigati, par ailleurs, l’équipe CVR déployée dans cette commune a été informée que de nombreux intellectuels et commerçants
bahutu vivaient dans cette commune frontalière de la province Cibitoke. Ainsi, les témoignages que nous avons reçus confirment qu’il n’y avait pas de fosses communes dans ladite commune.

Selon ces témoins, les victimes étaient emmenées vivantes à la prison de Bubanza. Les noms
des auteurs présumés ont été cités comme étant un certain Gitigu qui était administrateur communal de Musigati et autres.

Des prêtres de la paroisse de Musigati portés disparus

La CVR a également été informée de l’enlèvement de trois prêtres de la paroisse de Musigati. Il s’agit en outre du curé NIKOYAGIZE Joseph, un Mututsi qui était également aumônier militaire de Bujumbura. Il a été invité dans une réunion à la commune et n’est plus revenu.

Viennent ensuite ses deux collègues. Il s’agit de BIVANDA Melchior et Donatien tous prêtres Bahutu. Ils ont été enlevés au couvent par des soldats de l’armée nationale. La colline Nyagatobe en commune Rugazi était un lieu de carnage pour les Bahutu, ont déploré nos témoins.

Des moellons déterrés dans une fosse à Bubanza

Les activités de recherche de la vérité et l’exhumation des restes humains de 1972 se sont terminées par une prière interreligieuse au chef-lieu de la province Bubanza le vendredi 02/11/2022. L’abbé NIZIGIYIMANA François Xavier qui a prêché la parole de Dieu a conseillé aux fidèles présents de se respecter car nous avons le même Père. Quant au Révérend Pasteur MINANI Jean Marie, « Il est heureux de pardonner ». Cheikh NIYONGERE Abassi de la communauté musulmane, a demandé à Dieu de nous donner un cœur de pardon.

Le Chef de cabinet du Gouverneur de Bubanza, qui avait représenté la Province, a remercié vivement la CVR pour sa bonne collaboration et son travail acharné.Dans son Discours Madame NZIGAMASABO Léa Pascasie, Secrétaire du Bureau Exécutif de la CVR a salué la franche collaboration entre la CVR, la population et les autorités administratives durant les deux semaines. Elle a indiqué que le génocide des Bahutu a frappé tout le pays. En ajoutant que plus de 60 personnes ont été auditionnées et qu’il y a eu vérification de 14 fosses mais seulement 9 dans les communes Gihanga et Bubanza ont été confirmées et 268 ossements humains ont été exhumés.

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