Gitega : On a tué des opérateurs économiques en 1972

Gitega : On a tué des opérateurs économiques en 1972

Ce mercredi 30/06/2021, un groupe de diplomates accrédités au Burundi a visité le stock provisoire de la CVR abritant des ossements humains et autres objets exhumés dans les fosses communes excavées dans le centre du pays : Vallée de la Ruvubu, Mashitsi, Nyabunyovu, Nyambeho et Mutobo. Au total, la CVR compte au moins 11 000 victimes de la crise de 1972 exhumées dans ces fosses communes comme annoncé par l’Amb. Pierre Claver Ndayicariye, le Président de la CVR dans une interview accordée aux médias ce jour-là.

Willy Ntakarutimana

Avant de visiter le stock, les diplomates, hommes et femmes ont d’abord visité à Gitega la Banque d’Investissement pour la Jeunesse (BIJE). Au stock provisoire de la CVR, ils ont été accueillis par une équipe de la CVR composée de Commissaires et de Cadres, dirigée par le Président de la Commission Amb. Pierre Claver Ndayicariye.
Ce dernier leur a d’abord expliqué les différentes crises que le pays a connues en 1972, en 1988 (Ntega et Marangara au nord du pays) ainsi que la crise de 1993 qui a coûté la vie au Président Ndadaye Melchior et des milliers d’autres Burundais.

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Une femme qui pleure devant les ossements humains


Le Président de la CVR leur a dit que ce pays contient beaucoup de fosses communes et que de nombreuses personnes y ont perdu la vie. Grâce à la CVR, la réalité se fait observée progressivement sur ces événements tragiques alors qu’ils avaient été cachés pendant près de 50 années.
La visite a été suivie d’une explication des images photos montrant la CVR à l’œuvre. Ce sont des illustrations comprenant des images relatives aux exhumations, au nettoyage des ossements, à la préparation des fosses communes, à la conservation et à l’entretien des fosses communes, etc.
Après cette activité, la visite s’est poursuivie à l’intérieur du local où sont conservés les ossements humains et autres objets déjà exhumés par la CVR dans les provinces de Gitega et de Karusi.
Les droits de la femme ont été piétinés en 1972
Devant ces ossements humains (crânes et tibias en masse), certains diplomates n’ont pas tardé de verser les larmes. Les femmes diplomates ont eu le cœur brisé, à voir combien de fois les enfants du pays ont été sauvagement tués. Elles ont exigé que ces atrocités, et surtout les violations des droits des femmes qui ont été commises durant cette période, ne se répètent plus jamais dans le pays.
Le Président de la CVR les a informés que la majorité des victimes arrêtées et tuées au cours de cette crise de l’année 1972 étaient issues de l’ethnie hutu, principalement des fonctionnaires, des militaires, des gendarmes, des religieux de confessions différentes, des élèves, des étudiants et des paysans fortunés. Il a ajouté que pour le moment, la CVR est en train de mener des enquêtes visant à élucider les violations des droits de l’homme survenues à cette époque afin d’en établir les responsabilités quant aux auteurs présumés.
Il a précisé que certaines autorités administratives et policières ont été déjà citées comme auteurs présumés de ces violations. Et cela s’explique par les objets militaires exhumés dans les fosses communes (dont des cordes encore intactes) et les arrestations effectuées au camp militaire de Gitega à cette époque. En plus de cela, le 29/04/1972, le gouvernement de l’époque a été complètement renvoyé pour être remplacé par un pouvoir militaire, a déclaré le Président Ndayicariye.

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Une femme qui pleure devant les ossements humains


Pour lui, le travail qui suivra sera celui de qualifier ces violations des droits humains afin de déterminer si, en 1972, il y a eu des crimes contre l’humanité, un crime d’État ou un génocide.
Le Président de la CVR a dit que dans la province de Gitega, les fosses communes ont été creusées par des engins tracteurs, tandis que dans la province de Bururi, elles l’ont été par des hommes sous la contrainte de l’administration administrative. Et ceux qui creusaient ces fosses communes n’étaient les mêmes que ceux qui y jetaient les cadavres. Et dans certains cas, des victimes ont été ensevelies étant encore en vie, a martelé le Président de la CVR.
Il poursuit en disant que tous ces témoignages proviennent de témoins oculaires de ces barbaries, notamment des camionneurs qui transportaient des cadavres, des veuves, des orphelins et certains auteurs qui affirment qu’ils agissaient sous les ordres de leurs autorités hiérarchiques.
Il a enfin indiqué que la CVR ne joue pas le rôle de la justice, mais appelle plutôt les personnes citées dans ces atrocités à demander pardon.
Toutefois, l’agenda de ces diplomates était quasiment chargé. Ils devaient le même jour rencontrer le Président de la République dans la ville de Bujumbura. C’est pour cela que le reste du programme des visites sur les sites des fosses communes dans la province de Gitega n’a pas pu être effectué.

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