Gitega:Retraite de planification des activités de la CVR pour l’année 2021

Les membres de la Commission Vérité et Réconciliation sont réunis dans un hôtel de la périphérie de Gitega, la capitale politique du Burundi, du 20 au 23 janvier 2021, pour apprécier les activités menées en 2020 et planifier celles de l’année en cours. La retraite intervient deux semaines après la présentation du Rapport d’étape 2020 de la CVR devant les deux chambres du Parlement en Congrès réuni, le 7 janvier 2021.

Parmi les facteurs positifs qui ont permis à la CVR d’obtenir plusieurs résultats au cours de l’année 2020 figurent en bonne place une méthodologie de travail, une préparation des activités, l’appropriation des missions de la CVR par tous les membres de la Commission, le dynamisme du groupe pour bâtir l’expérience ensemble, un bon leadership, une bonne communication, la cohésion de l’équipe CVR et les séances d’évaluation et de socialisation.

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Mais des biais à l’interne n’ont pas manqué : des pressions liées à la nature du travail de la Commission, un personnel insuffisant, de la fatigue accumulée tout au long du travail de terrain, l’inexpérience dans certaines expertises notamment en matière d’exhumations, des moyens de travail insuffisants et la méconnaissance de certains terrains.
Les Commissaires ont aussi eu l’occasion d’échanger sur les facteurs externes positifs qui ont favorisé le travail de terrain. C’est notamment l’implication des autorités politiques et administratives aux activités de la CVR, la couverture médiatique des activités de la Commission, l’appui des acteurs étatiques et non étatiques (confessions religieuses, société civile…), la spontanéité des victimes et autres témoins à collaborer avec la CVR, l’accompagnement des autorités militaires et policières, la paix et sécurité qui ont prévalu tout au long de l’année 2020, ainsi que le soutien budgétaire obtenu de l’Etat burundais.
Au cours de la retraite, les participants ont aussi constaté qu’ils ont travaillé dans un contexte particulier d’une société burundaise traumatisée par les crises du passé, de pressions exercées sur la CVR par certains acteurs qui vivent des solidarités négatives. Par ailleurs, des facteurs culturels, religieux et sociaux ont été défavorables à l’éclosion de l’émergence de la vérité, sans parler de lobbies externes agissant contre la CVR.

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Le Président de la CVR, Ambassadeur Pierre Claver Ndayicariye a déjà annoncé devant le Parlement que la Commission va étendre les investigations sur les violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises durant les crises du passé. Ainsi, après le centre et le sud du Burundi, la Commission compte mener une enquête à Bujumbura pour identifier et vérifier les fosses communes éparpillées dans le secteur de la capitale, organiser des exhumations des fosses communes de 1972 dans les régions Sud : Makamba (Mabanda), Bururi (Matana, Rutovu, Kiremba, prison de Bururi, Muzenga), ainsi que dans les régions du nord : Cankuzo (Parc de la Ruvubu) et Muyinga.
Ce travail d’enquêtes et investigations ira de pair avec les auditions des personnes ressources et celles des acteurs clés de différentes crises. Cela mènera la Commission à cheminer progressivement vers la qualification et l’établissement des responsabilités. Au-delà de la crise de 1972, la CVR souhaite travailler sur les autres crises : celles de 1988, de 1991, de 1993 et de la période de la guerre civile intervenue après l’assassinat du Président Melchior Ndadaye. La CVR travaillera également sur les crises d’avant 1972.

Gérard Mfuranzima

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