CERTAINES FEMMES DE DIGNITAIRES ASSASSINÉS VIVENT DANS LA PAUVRETÉ.

Le Président de la CVR déplore les conditions de vie de certaines veuves de dignitaires burundais assassinés lors des différentes crises que le pays a traversées. Selon lui, ces veuves font face aux difficultés liées notamment à l’éducation de leurs enfants, aux conditions de vie matérielles précaires, bref, en termes de vie en tant qu’humain.

Le Président de la CVR, Amb Pierre Claver Ndayicariye l’a déclaré mercredi 12 août 2020 après une audience accordée à Mme Jacqueline KARIBWAMI, Vice-présidente de l’Association des Veuves et Orphelins pour la défense de leurs Droits, AVOD et épouse de feu Pontien KARIBWAMI, Président de l’Assemblée Nationale du Burundi en 1993, assassiné dans la nuit du 21 octobre 1993 lors du coup d’État qui a coûté la vie à feu le Président Ndadaye Melchior, le héros national de la démocratie au Burundi.

Le Président de la CVR accueille en audience la Vice-Présidente de l’AVOD

Cette association a vu le jour après cet assassinat et comporte en son sein d’autres veuves des crises précédentes et ultérieures (1965, 1969, 1972,1993,…)
Le Président de la CVR a déclaré que cette femme était venue lui dire que les veuves des dignitaires assassinés dans les différentes crises que le pays a traversées vivent souvent dans des conditions de vie matérielles difficiles. Pierre Claver Ndayicariye le reconnaît et confirme que ce message a déjà été porté à d’autres institutions de la République.

Il confirme qu’il a reçu Mme Karibwami comme il le fait toujours pour d’autres personnalités qui ont connu des problèmes similaires et qui se sont confiées à la CVR pour voir quelle orientation prendre ou quels conseils donner. C’est le cas, par exemple, des maisons et des propriétés spoliées ou des questions relatives à la justice. « Je veux synthétiser l’essentiel des points d’échange que je viens d’avoir avec cette femme », promesse faite par le Président de la CVR.


« Une œuvre noble qui donnera naissance à la vérité et à la justice tant attendues »


Mme Jacqueline KARIBWAMI ne cache pas son appréciation des activités de la CVR. Elle félicite l’ensemble de la Commission pour le pas déjà franchi dans la recherche de la vérité. Bien qu’une partie de la population continue de prendre la pratique de l’exhumation pour un acte contraire à la morale et à la coutume burundaise, Mme Karibwami ne mâche pas ses mots : « l’exhumation est plutôt une preuve certaine que, dans le pays, il y a des innocents qui ont été massacrés et jetés dans des fosses communes ».


« Nous ne devons pas prendre à la légère les crimes que le pays a connus pour parvenir à quelque chose de sérieux « , a déclaré Mme Karibwami. Ces victimes sont des Burundais comme nous, poursuit-elle en demandant que tous les charniers éparpillés dans le pays soient fouillés.


Cette femme a salué le Président de la CVR de son accueil. Elle a enfin lancé un appel vibrant pour que les droits des veuves et des orphelins soient respectés. Elle se félicite de l’état d’avancement de la démarche déjà franchie par la justice burundaise dans le traitement de l’affaire du meurtre contre son mari.

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